Cet article est le deuxième de notre série en deux volets sur l’IA agentive pour les conseillers juridiques internes.
L’IA agentive, qui désigne les systèmes d’intelligence artificielle capables de planifier et d’exécuter des tâches de façon autonome, de prendre des décisions et d’interagir avec divers systèmes afin d’atteindre des objectifs prédéfinis et précis, apparaît de plus en plus comme la prochaine étape dans l’évolution de l’intelligence artificielle. Le commerce agentif applique cette capacité au magasinage et aux achats, en permettant aux agents d’IA de coordonner des opérations avec des détaillants en ligne et, souvent, de les exécuter entièrement (p. ex., un assistant d’IA qui surveille le prix des vols et réserve automatiquement des billets dès que leur prix devient inférieur à un certain montant).
Pour permettre l’utilisation de l’IA agentive à grande échelle, les entreprises élaborent et adoptent des protocoles en sources ouvertes qui établissent une terminologie universelle applicable aux outils des consommateurs, aux plateformes des entreprises et aux fournisseurs de services de paiement. Par exemple, en janvier 2026, Google a publié son protocole de commerce universel (Universal Commerce Protocol ou UCP), qui a été élaboré en collaboration avec plusieurs partenaires du commerce en ligne et qui est désormais approuvé par plus de 20 partenaires mondiaux, dont des réseaux de paiement, des entreprises de traitement des paiements et de grands détaillants. Le protocole UCP est intégré au protocole de paiement agentique (Agent Payments Protocol ou AP2) de Google, qui a été lancé à l’automne dernier. Ce protocole faisait suite au protocole Agentic Commerce Protocol d’OpenAI, qui permet aux utilisateurs de ChatGPT d’effectuer des achats directement auprès de certains vendeurs en ligne sans quitter le clavardage.
Alors que ces normes sectorielles sont sur le point d’être mises en œuvre et que les organisations se demandent si elles devraient les adopter, nous vous présentons cinq questions que les conseillers juridiques internes de toutes les organisations qui prennent part à des opérations agentives – y compris les commerçants, les réseaux, les émetteurs de paiements, les utilisateurs d’agents et les fournisseurs d’agents – doivent se poser.
Dans un premier temps, les conseillers juridiques internes doivent bien comprendre les aspects du commerce agentif que leur organisation cherche à mettre en place. Le commerce agentif peut comprendre différentes fonctionnalités. Par exemple, l’UCP a été conçu pour être modulaire, de sorte que les entreprises peuvent choisir les capacités (comme les capacités de paiement, de commande et de confirmation d’identité) ou les extensions de fonctionnalités (comme les rabais) qu’elles souhaitent intégrer. Comprendre la portée de l’initiative en question est essentiel pour répondre aux questions fondamentales indiquées ci-dessous et conseiller sur les risques applicables.
Lorsqu’ils examinent les initiatives liées au commerce agentif, les conseillers juridiques internes doivent se demander comment le consentement aux opérations initiées ou exécutées par des agents d’IA sera obtenu et prouvé – et si des exigences supplémentaires doivent être imposées au commerçant ou au fournisseur de services de paiement pour limiter le risque que l’acheteur conteste l’opération.
Selon les modèles actuels de commerce agentif, les utilisateurs peuvent préautoriser certaines opérations, ce qui permet aux agents d’effectuer des achats en leur nom. Toutefois, d’autres opérations peuvent nécessiter le consentement en temps réel de l’utilisateur a) si ce dernier n’a pas préalablement autorisé l’agent à agir en son nom, ou b) si la réglementation, les politiques du commerçant ou d’autres facteurs exigent que des renseignements supplémentaires ou une confirmation expresse soient obtenus auprès de l’utilisateur.
Par exemple, l’UCP exige une preuve cryptographique du consentement de l’utilisateur pour chaque opération. Lorsqu’une session de paiement est créée, le commerçant intègre un mandat cryptographique indiquant les conditions de l’opération (p. ex., le prix et le type d’article). Lorsque l’achat est confirmé, le mandat cryptographique est signé à l’aide d’une clé produite par l’assistant d’IA ou par les renseignements figurant dans le portefeuille numérique de l’utilisateur.
Dans le cadre des processus de commerce agentif, des renseignements – et probablement des renseignements personnels sur les consommateurs – seront nécessairement recueillis, utilisés communiqués et conservés. En plus de traiter les renseignements de base sur les opérations (p. ex., les renseignements de vérification du paiement et les renseignements sur la session, l’appareil ou le navigateur), certains outils peuvent également utiliser des renseignements aux fins d’analyse des données, de marketing et de vente de données. Ces objectifs supplémentaires peuvent déclencher l’application de diverses mesures de protection des renseignements personnels, comme l’obligation d’obtenir le consentement express et le droit de retirer son consentement.
Les conseillers juridiques internes doivent déterminer les données qui sont recueillies, communiquées et conservées par l’intermédiaire de ces systèmes et se demander si cela soulève des préoccupations liées à la vie privée. Les protocoles actuels, y compris l’UCP, recommandent explicitement d’obtenir un avis juridique sur les questions relatives à la vie privée et au consentement. Voici les principaux éléments dont il faut tenir compte :
La manière dont les organisations pourront obtenir un consentement valable et démontrable pour les achats entièrement autonomes demeure incertaine, surtout compte tenu des exigences des lois sur la vie privée en matière d’avis.
En fonction de l’opération, le commerce agentif peut être soumis à diverses exigences légales et réglementaires, notamment :
Une autre question importante est celle de l’attribution de la responsabilité dans les cas où un utilisateur soutient qu’une opération initiée par un agent d’IA est erronée, frauduleuse ou non intentionnelle. Les conseillers juridiques internes doivent tenir compte des éléments suivants :
Les conseillers juridiques internes doivent examiner et mettre à jour les documents suivants :
Si vous souhaitez discuter ces enjeux et ces questions, veuillez contacter les auteurs.
Cette publication se veut une discussion générale concernant certains développements juridiques ou de nature connexe et ne doit pas être interprétée comme étant un conseil juridique. Si vous avez besoin de conseils juridiques, c'est avec plaisir que nous discuterons les questions soulevées dans cette communication avec vous, dans le cadre de votre situation particulière.
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