
Le Canada est en bonne position pour devenir l’un des principaux fournisseurs mondiaux de GNL, car la demande pour des sources de gaz naturel fiables s’intensifie dans le monde entier. Le Canada est le cinquième producteur mondial de gaz naturel, mais s’est classé au 19e rang des 24 pays exportateurs de GNL en 20251. Cette situation est appelée à changer avec l’augmentation de la production canadienne de GNL au cours des prochaines années. Bon nombre de pays cherchent à diversifier leur approvisionnement en GNL, ce qui rend l’offre canadienne, sûre et stable à long terme, de plus en plus attrayante.
LNG Canada à Kitimat, en Colombie-Britannique, est actuellement la seule installation d’exportation du Canada. En activité depuis juin 2025, sa capacité totale est de 14 millions de tonnes par an, mais des gains d’efficacité opérationnelle pourraient la porter à 15 millions de tonnes. Le projet d’expansion de phase 2 permettrait de doubler la production. Il s’agit de l’un des premiers projets soumis au Bureau des grands projets (BGP) du Canada. Une décision d’investissement finale au sujet de la phase 2 devrait être prise d’ici la fin de 2026.
Le projet de terminal de GNL Ksi Lisims, d’une valeur de 30 milliards de dollars, a été soumis au BGP en novembre 2025. S’il est construit, il s’agira de la deuxième installation de GNL en importance du pays, avec une capacité de 12 millions de tonnes par an. Deux autres installations d’exportation de GNL sont actuellement en construction : celle de Cedar LNG à Kitimat et celle de Woodfibre LNG près de Squamish.
Aux États-Unis, huit terminaux d’exportation de GNL ont vu le jour depuis 2016, et huit de plus ont été approuvés et sont en cours de construction. Les États-Unis sont le premier exportateur mondial de GNL depuis trois ans, et ont été les premiers à expédier plus de 100 millions de tonnes de GNL en 20252.

La situation géopolitique a fait chuter de 20 % l’offre de pétrole et de GNL sur les marchés mondiaux, ce qui donne l’occasion au Canada d’accroître sa présence sur le marché mondial du GNL. Les prix ont grimpé en flèche, notamment en Europe, où le coût du gaz naturel devrait être de 40 % supérieur aux prévisions pour 2026 et rester élevé en 20273. L’acheminement physique du GNL change lui aussi, bon nombre de cargaisons étant réorientées de l’Europe vers l’Asie. LNG Canada a emboîté le pas et augmenté ses exportations vers l’Asie à mesure que l’offre mondiale s’est resserrée4.
Le virage marqué dans le ton adopté par les gouvernements à travers le Canada en faveur des projets pétroliers, gaziers et d’infrastructure ne s’essouffle pas en 2026. Lors d’une séance du Comité permanent des ressources naturelles en février, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Tim Hodgson a expliqué comment le Canada pouvait devenir l’un des principaux exportateurs mondiaux de GNL. « Si nous obtenons les résultats escomptés, les promoteurs pourront augmenter la production jusqu’à 100 millions de tonnes par année. Cela ferait de nous l’un des plus grands fournisseurs de GNL au monde »5. Le ministre Hodgson a souligné que le Japon, la Corée, la Chine et l’Inde veulent tous du GNL canadien, ce qui pourrait faire de 2026 un moment charnière pour le marché du GNL au pays.
Depuis l’an dernier, les projets de pipelines font à nouveau parler d’eux au niveau national, et le besoin d’accroître la capacité des pipelines devrait se poursuivre à mesure que se développera le secteur du GNL au Canada. Dans un contexte où les gouvernements fédéral et provinciaux lancent différentes initiatives visant à réduire les délais de réglementation et d’approbation, les promoteurs peuvent s’attendre à plus d’investissements dans de grands projets, tels que les pipelines, qui s’inscrivent dans l’objectif d’assurer la sécurité des ressources énergétiques du pays et notre compétitivité à titre de grand exportateur. En outre, le Budget 2025 prévoit des incitatifs supplémentaires pour les projets de GNL, dont 1) des incitatifs fiscaux visant la passation en charges du coût des bâtiments servant à la fabrication ou à la transformation du gaz, et 2) des déductions pour amortissement accéléré des installations de GNL à faibles émissions de carbone6. Tous ces éléments démontrent un regain d’intérêt en faveur du développement des gazoducs, créant ainsi de nouveaux incitatifs et de nouvelles occasions d’accélérer la production et l’exportation de cette ressource naturelle par le Canada.
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