En 2026, le milieu des actions collectives au Canada demeure exceptionnellement dynamique, ce qui fait du pays une juridiction de premier plan dans ce domaine. L’analyse qui suit s’appuie sur les données de 2025 relatives aux actions collectives et met en lumière les principales tendances qui déterminent la croissance de ce secteur.
En 2025, 203 nouvelles demandes d’autorisation (au Québec) ou de certification (dans les provinces de common law) ont été déposées dans les juridictions les plus actives au Canada en matière d’actions collectives, soit le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique. Ce nombre représente une hausse de 11 % des dépôts par rapport à l’année 2024 :
Le milieu des actions collectives au Canada a évolué en 2025. Le nombre de demandes relatives à la protection des données a presque triplé et l’intelligence artificielle a eu des répercussions importantes sur les réclamations liées à la propriété intellectuelle. Le nombre de nouvelles demandes dans l’industrie automobile a plus que triplé, tandis que les demandes d’autorisation en valeurs mobilières et en responsabilité de l’État contre les provinces ont nettement diminué. Notre analyse des données de 2025 met en évidence ce courant, ainsi que d’autres tendances marquantes, offrant un éclairage sur l’évolution actuelle des actions collectives au Canada.
La protection du consommateur est demeurée le principal moteur des actions collectives en 2025, représentant 64 % des demandes déposées au Québec. Outre les actions collectives typiques en matière de protection du consommateur, notamment celles fondées sur des allégations de fausses représentations concernant des biens et des services et les actions en responsabilité du fait des produits, les demandes déposées en 2025 témoignent de l’émergence de nouvelles tendances :
Le nombre d’actions collectives en matière de protection des renseignements personnels a continué d’augmenter drastiquement en 2025, avec 29 demandes intentées dans les trois provinces (contre 10 en 2024). Deux grandes tendances se dégagent des données de 2025 :
Si les actions en matière de protection des renseignements couvrent un large éventail de secteurs, les entreprises du domaine des technologies, des services et des plateformes en ligne, de l’intelligence artificielle (« IA ») et des réseaux sociaux semblent en être des cibles fréquentes. Les organismes gouvernementaux qui détiennent de grandes quantités de données à caractère personnel n’échappent pas non plus à ce risque.
En 2025, 14 demandes liées à la propriété intellectuelle ont été produites, dont 13 concernaient directement l’IA. Ces chiffres illustrent les répercussions directes et immédiates des avancées en matière d’IA sur le contexte judiciaire, ainsi que la nécessité d’adapter le droit de la propriété intellectuelle qui en découle pour répondre aux défis émergents.
Le thème dominant dans cette catégorie concerne les allégations d’utilisation non autorisée de contenus protégés par le droit d’auteur. Il convient de noter que la plupart des demandes portent sur la reproduction non autorisée d’œuvres protégées par le droit d’auteur dans le cadre du développement et de l’entraînement de modèles de langage d’IA (par exemple, les grands modèles de langage). Plusieurs demandes allèguent également que les données utilisées pour entraîner les modèles ont été piratées.
Au-delà des questions liées au droit d’auteur, nous avons également constaté l’apparition précoce de demandes d’autorisation liées à la communication de fausse information sur les capacités en matière d’IA, qui dénoncent des pratiques commerciales trompeuses dans la promotion de produits ou de services, consistant à exagérer le rôle de l’IA.
Pour en savoir plus sur les actions collectives en matière d’IA, consultez notre précédent article, « L’IA de plus en plus visée par des actions collectives ».
Plusieurs autres secteurs clés se démarquent en 2025 :
En 2025, 95 décisions en matière d’autorisation ou de certification ont été rendues dans les trois provinces. Les tribunaux du Québec ont été particulièrement actifs, avec 57 décisions, loin devant ceux de la Colombie-Britannique (21) et de l’Ontario (17).
Le Québec est resté la juridiction la plus active, tant du point de vue des demandes déposées que des autorisations accordées. Les tribunaux québécois continuent d’autoriser les actions collectives à un taux plus élevé (82 %), renforçant ainsi la réputation de la province comme étant le point d’entrée le plus favorable au Canada pour intenter cette procédure collective. L’Ontario a enregistré un taux de certification de 71 %, suivi de la Colombie-Britannique avec 57 %.
Le secteur des actions collectives au Canada demeure en forte expansion, avec une augmentation continue du nombre de demandes dans divers secteurs, tels que la protection des renseignements personnels, l’IA, la propriété intellectuelle et les pratiques commerciales numériques, en particulier au Québec. Les tendances pour 2025 mettent en évidence une exposition croissante aux litiges liés à la gouvernance des données, au déploiement de l’IA et au marketing, ainsi qu’à l’exploitation de plateformes numériques, ce qui reflète l’augmentation constante du risque d’actions collectives au Canada.
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