Comme il l’a fait ou cherche à le faire avec d’autres provinces, le gouvernement fédéral a récemment signé une entente de collaboration avec l’Ontario afin de simplifier et d’accélérer les procédures d’évaluation des projets. L’objectif de ces ententes est de réduire au minimum les dédoublements entre les évaluations d’impact provinciales et fédérales et de définir les responsabilités et rôles respectifs de chaque ordre de gouvernement, notamment quant au moment et aux circonstances où chacun mènera l’évaluation d’un projet.
Les projets au Canada sont souvent soumis à des exigences réglementaires étendues ainsi qu’à des obligations d’évaluation à de multiples niveaux. Le chevauchement des responsabilités en matière de protection de l’environnement, celles-ci relevant à la fois des gouvernements fédéral et provinciaux, représente un défi majeur. La Cour suprême du Canada, dans sa décision rendue en 2023 dans le Renvoi relatif à la Loi sur l’évaluation d’impact, a exploré ces questions, en se référant aux préoccupations exprimées par les provinces, les groupes autochtones et le secteur au sujet des dédoublements inutiles du régime fédéral et du manque de coordination fédérale-provinciale1.
En réponse à la décision de la Cour suprême, le gouvernement du Canada a modifié en 2024 la Loi sur l’évaluation d’impact (LÉI) afin qu’elle reflète mieux son objectif « un projet, une évaluation ». Le mandat de la LÉI prévoit désormais que le Canada, le ministre de l’Environnement (le ministre), l’Agence d’évaluation d’impact (l’Agence) et les autorités fédérales, dans le cadre de l’administration de la LÉI, « exercent leurs pouvoirs de manière à […] promouvoir la coopération entre instances2 ».
Les articles suivants de la LÉI, qui définissent les interactions entre les procédures fédérales et provinciales, permettent au gouvernement du Canada d’élaborer et de conclure des ententes de collaboration :
Dans ce contexte réglementaire, les ententes de collaboration précisent, entre autres, les situations où une seule procédure harmonisée, intégrant les expertises provinciales et fédérales, sera appliquée, ainsi que celles où une substitution complète (de la procédure fédérale par la procédure provinciale) sera plutôt envisagée. Plutôt que de procéder à deux examens distincts, la province peut, dans le cadre de la substitution, mener un processus unique au nom des deux gouvernements, en suivant ses propres procédures et échéanciers. L’expérience de la Colombie-Britannique avec son entente de collaboration a permis d’alléger le fardeau réglementaire, d’éliminer les dédoublements en matière d’évaluation et d’accélérer les délais (par rapport à un scénario à deux évaluations).
Dans le discours du Trône de mai 2025, le gouvernement fédéral a souligné que les ententes de coopération constituaient un outil essentiel afin d’atteindre son objectif « Un projet, une évaluation » et s’est engagé à conclure des ententes de coopération avec chaque province ou territoire intéressé dans un délai de six mois. Le budget 2025 a renforcé cette priorité, en mettant l’accent sur la conclusion d’ententes de coopération pour accélérer les évaluations de projets d’intérêt national et pour signaler « aux investisseurs que tous les ordres de gouvernement au Canada sont déterminés à travailler ensemble pour soutenir le développement, tout en protégeant l’environnement et les droits des Autochtones3 ».
À ce jour, il existe cinq ententes de collaboration dans le cadre de la LÉI, finalisées ou en cours de finalisation. Les ententes précisent la manière dont les gouvernements respectifs collaboreront avec le gouvernement fédéral pour coordonner l’évaluation et la réglementation des projets. Les préambules affirment la compétence des deux parties, leur engagement à mener des consultations significatives auprès des peuples autochtones, ainsi que les principes de transparence, d’efficacité et de rapidité.
Signée en septembre 2019, l’entente avec la Colombie-Britannique était, jusqu’à récemment, la seule entente de collaboration finalisée et signée au pays4. Selon ce cadre, plusieurs évaluations de projets ont été réalisées par substitution, ce qui a permis au Bureau des évaluations environnementales de la Colombie-Britannique de mener le processus d’évaluation conformément aux lois provinciales en la matière5. Deux de ces projets ont été approuvés dans le cadre de la LÉI : le projet de liquéfaction de gaz naturel et de terminal maritime Ksi Lisims LNG6 et le projet de GNL Cedar7. Le gouvernement du Canada a fait remarquer que le projet de GNL Cedar a été réalisé en seulement 3,5 ans8.
L’Ontario a finalisé son entente de collaboration le 18 décembre 2025, en n’y apportant que des changements minimes par rapport au projet annoncé le 19 novembre 2025. L’entente de collaboration avec le Nouveau-Brunswick a été annoncée le 19 septembre 2025 et finalisée le 16 décembre 2025. Il est intéressant de noter que la version finalisée comprend un nouveau préambule affirmant l’objectif d’évaluations plus rapides, le gouvernement du Nouveau-Brunswick appuyant « l’engagement du Canada à rendre toutes les décisions fédérales d’évaluation dans un délai de deux ans ».
Le projet d’entente avec le Manitoba a été publié le 19 novembre 2025, tandis que celui avec l’Île-du-Prince-Édouard l’a été le 3 novembre 2025.
L’entrée en vigueur de l’entente de collaboration avec l’Ontario et des autres ententes de collaboration permettra de réduire considérablement le fardeau réglementaire et d’accélérer les projets. La manière dont elles seront mises en œuvre dans la pratique sera déterminante.
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