
2024 has been a year of change for competition law in Canada. As in 2023, Parliament passed a number of amendments to the Competition Act (the Act), which are either already in force or will come into force in June 2025. In this article, we discuss two amendments that will almost certainly lead to litigation: provisions targeting “greenwashing”, and those changing the test for private parties to bring cases before the Competition Tribunal.
The new provisions in the Competition Act targeting greenwashing came into effect at the end of June 2024 (our colleagues covered the changes in depth in a previous bulletin)1. The provisions, added to the part of the Act which deals with deceptive marketing, place an additional onus on those making claims about the benefits of their products or services in relation to protecting or restoring the environment, or mitigating the causes or effects of climate change. Statements related to a product’s environmental benefits must be based on “an adequate and proper test, the proof of which lies on the person making the representation”2.
Where the representation relates to the benefits of a business or business activity, it must be based on “adequate and proper substantiation in accordance with internationally recognized methodology”3. Parliament provided no detail on what constitutes an “internationally recognized methodology”, meaning that businesses will need to wait for guidance from the Competition Bureau as well as future court decisions interpreting the provisions. As the Commissioner of Competition has said he anticipates the Bureau will take more enforcement actions in the wake of this latest round of amendments to the Act4, we may not have to wait long for court decisions interpreting these provisions.
The Bureau has acknowledged the desire for guidance on the greenwashing provisions and has stated that it is moving quickly to provide it5. The new provisions raise many questions, such as what will be included in the social effects of climate change.
The Bureau sought public comments on these new provisions between July and September 2024 to help inform its enforcement guidance6. In the interim, it stated that it does not view the greenwashing provisions as a “revolution”, but rather an “evolution” of the existing misleading advertising provisions7.
Parliament has also revised the regime for private parties to bring cases before the Competition Tribunal. The general scheme for enforcing the Act is that parties can raise concerns with the Competition Bureau, which then investigates the complaint. If the complaints are considered well-founded, the Commissioner may bring a proceeding before the Competition Tribunal (there are certain sections of the Act that can ground civil claims for damages, but those claims are made in the superior courts of the provinces or the Federal Court, not the Tribunal). There is also a “private access” regime in the Act that allows parties to bring claims directly to the Competition Tribunal, after obtaining permission from the Tribunal. That regime has not seen a great deal of use since it was introduced in 2002.
Parliament has now made two changes to the private access regime, which will come into effect in 2025: (1) broadening the types of cases that private litigants can try to bring before the Tribunal (including those under the new greenwashing provisions); and (2) changing the test the Tribunal must consider when granting leave.
In addition to cases related to abuse of dominance, refusal to deal, exclusive dealing and price maintenance, private litigants can now seek permission to bring proceedings before the Tribunal related to deceptive marketing and agreements that substantially prevent or lessen competition8.
Parliament has also changed the test for granting leave. Prior to the amendments, a private litigant generally had to show that their business had been directly and substantially affected by the conduct complained of in order to obtain leave from the Tribunal9. Now, a person need only show that part of their business is directly and substantially affected by the conduct complained of, or that it is in the public interest for the Tribunal to grant leave10. For misrepresentation claims, leave can only be sought based on the case being in the public interest11.
For certain types of cases, Parliament has also expanded the scope of remedies which the Tribunal can award to include remedies beyond the parties who bring the claim. For example, for abuse of dominance, the Tribunal can now order a person to pay an amount not exceeding the benefit derived from the conduct complained of to be distributed to the applicant and any other affected person12. It is unclear how the Tribunal will ultimately use these new powers, or how they will interact with better-known remedies like class actions. How long it will take to get clarity on these questions will depend on how much use private parties make of the amended private access regime.
Le mois dernier, le Canada a publié sa première Stratégie industrielle de défense (la Stratégie), qui souligne l’engagement du Canada à développer une base industrielle de défense solide et à stimuler la croissance économique. Ces efforts pourraient aussi comprendre le renforcement de l’état de préparation à la biodéfense et aux contre-mesures médicales, ce qui pourrait constituer des débouchés pour le secteur canadien des sciences de la vie en raison de l’importance accordée aux capacités nationales en ce sens et de la nécessité d’atténuer les risques d’urgences sanitaires.
Comme indiqué dans les bulletins précédents, le quatrième pilier de la Stratégie est axé sur la « sécurisation des chaînes d’approvisionnement pour les intrants et les biens clés » par le renforcement de la production nationale et le stockage de ressources. L’accent est mis tout particulièrement sur les contre-mesures médicales, en précisant que nos « alliés ont établi un lien explicite entre l’état de préparation à la biodéfense et aux contre-mesures médicales et leur sécurité économique et nationale, en élaborant de nouvelles stratégies et de nouveaux mécanismes pour faire progresser ces travaux ». Les contre-mesures médicales désignent divers produits réglementés pouvant être utilisés pour protéger la population lors d’une situation d’urgence de grande ampleur, comme l’éclosion d’une maladie ou une attaque impliquant des armes chimiques, biologiques ou nucléaires. Il peut s’agir de vaccins, de médicaments thérapeutiques et produits biologiques, de dispositifs de tests diagnostiques, des équipements de protection individuelle ou industrielle, et d’autres dispositifs médicaux. Les contre-mesures médicales sont essentielles à la réduction et à l’atténuation des dommages lors d’une urgence de santé publique.
Pendant et après la pandémie de COVID-19, le Canada a mis en place plusieurs nouvelles voies réglementaires comme mécanismes d’accélération des approbations de produits médicaux, ce qui pourrait offrir au gouvernement des options pour déployer des contre-mesures médicales afin de faire face aux risques pour la santé publique. Au début de la pandémie, Santé Canada a émis diverses ordonnances provisoires pour permettre l’importation et la vente de médicaments et de dispositifs médicaux qui n’avaient pas eu l’approbation des voies réglementaires traditionnelles. Or, Santé Canada a plutôt fait confiance aux voies d’approbation réglementaire et de l’exemption de certaines exigences en homologation de produits des pays impliqués dans la transaction. Beaucoup de ces règles provisoires ont depuis été officiellement intégrées à la réglementation en vertu de la Loi sur les aliments et drogues et ont été appliquées bien après la COVID-19. Conformément au Règlement sur les aliments et drogues, Santé Canada tient à jour la Liste des maladies qui menacent la santé publique et utilisera une procédure d’autorisation modifiée pour les médicaments d’urgence de santé publique pouvant traiter les affections figurant sur la liste. De même, le Règlement sur les instruments médicaux a établi une liste d’instruments médicaux répondant à un besoin urgent de santé publique, ce qui permet à Santé Canada d’autoriser la commercialisation de ces instruments de manière accélérée. Ces outils réglementaires sont utilisés automatiquement quand une situation médicale présente un grand risque pour la santé publique au Canada et nécessite une action immédiate pour contrer ce risque.
La stratégie prévoit que le Canada adoptera une approche proactive en matière de planification en amont des crises sanitaires. Le gouvernement entend s’assurer que les produits médicaux sont déjà disponibles au Canada afin qu’ils puissent être distribués rapidement en cas d’urgence. D’autres modifications récentes au Règlement sur les aliments et drogues permettent de prépositionner au Canada tous les médicaments d’urgence en santé publique, ce qui signifie qu’ils peuvent être importés dans des installations d’entreposage canadiennes avant que leur mise sur le marché n’ait été autorisée. La Stratégie s’appuie sur ces fondements, en faisant référence à l’organisme existant Préparation aux crises sanitaires Canada (PCSC), un organisme opérationnel spécial au sein d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE), et à un nouveau Fonds des sciences de la vie, lesquels « collaborent avec des partenaires internationaux et de soutenir l’élaboration et la production de contre-mesures médicales ». PCSC supervise la Stratégie en matière de biofabrication et de sciences de la vie du Canada, qui vise à développer un secteur national des sciences de la vie fort et compétitif doté de capacités de biofabrication de pointe, en mettant l’accent sur la capacité à se préparer et à faire face aux futures priorités et crises sanitaires. Dans cette optique, il y aura des occasions pour les fabricants de nouer des collaborations de recherche et des accords commerciaux ou d’approvisionnement liés aux contre-mesures médicales financées par des programmes fédéraux.
Étroitement lié aux capacités nationales, le pilier III de la stratégie implique « Investissement ciblé pour renforcer un secteur canadien de la défense novateur », avec la promesse que le gouvernement fédéral « soutiendr[a] la recherche et le développement, protéger[a] la propriété intellectuelle, soutiendr[a] les petites et moyennes entreprises, investir[a] dans les compétences et la formation, et encourager[a] les exportations afin de créer un secteur de la défense agile et concurrentiel à l’échelle mondiale ». La nécessité de favoriser le développement de la propriété intellectuelle (PI) et la conservation des droits du Canada est mentionnée à plusieurs reprises dans la Stratégie. Par exemple, la Stratégie prévoit l’établissement de partenariats officiels avec l’industrie canadienne qui « [assureront] la propriété et le contrôle nationaux de la propriété intellectuelle (PI) et des capacités essentielles. » La Stratégie reconnaît l’immense talent des établissements canadiens et la précieuse recherche qui y est menée actuellement et qui est déjà financée par des subventions de recherche d’organismes tels que le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie et les Instituts de recherche en santé du Canada, et fait aussi référence à l’engagement de 1,6 milliard de dollars pour de nouveaux fonds de recherche dans le budget de 2025. Cette prise de conscience de la nécessité de promouvoir et de soutenir l’innovation au Canada laisse présager des possibilités de financement, notamment dans les domaines où le Canada accuse un retard en matière de production nationale et où des engagements d’investissement et de fabrication au Canada peuvent être pris.
Dans les prochains mois, nous prévoyons que le gouvernement du Canada publiera d’autres directives et des mesures de suivi. L’équipe de défense des conservateurs poursuivra sa couverture de perspectives sur la défense au Canada en publiant une analyse supplémentaire pour donner des précisions sur l’incidence de la Stratégie sur de multiples secteurs.