
Auteur
La Loi sur Investissement Canada (LIC) réglemente les investissements étrangers au Canada. Dans la plupart des cas, un investisseur étranger qui acquiert le contrôle d’une entreprise canadienne doit soumettre soit un avis d’investissement, soit une demande d’examen.
Le régime n’est pas conçu pour décourager les investissements commerciaux courants. Il fournit plutôt au gouvernement fédéral un cadre pour évaluer les acquisitions et les investissements qui peuvent soulever des considérations économiques, stratégiques ou de sécurité nationale.
Pour les investisseurs, ce qui importe avant tout, c’est que le Canada demeure très ouvert aux capitaux étrangers, y compris dans les secteurs d’importance stratégique. Cependant, le gouvernement s’attend de plus en plus à ce que les investissements importants soutiennent l’emploi, les activités, la recherche et le développement, les chaînes d’approvisionnement et les objectifs plus larges de sécurité économique.
Demande d’examen. Une demande d’examen n’est généralement requise que lorsqu’un investisseur non canadien propose d’acquérir directement le contrôle d’une entreprise canadienne dont la valeur dépasse les seuils financiers prescrits. Pour 2026, le seuil est d’environ :
Des seuils inférieurs s’appliquent aux entreprises d’État et culturelles.
Avantage net pour le Canada. Lorsqu’un examen est requis, l’investisseur doit démontrer que l’opération est susceptible d’apporter un « avantage net » au Canada. Concrètement, ce processus est généralement moins axé sur la question de savoir si une opération devrait être autorisée, et davantage sur les engagements que l’investisseur est disposé à prendre concernant l’exploitation future de l’entreprise canadienne. Les opérations assujetties à un examen ne peuvent être finalisées tant que l’autorisation n’a pas été obtenue, ce qui prend généralement environ 75 à 90 jours.
Engagements. Les engagements courants comprennent ceux-ci :
La plupart des engagements se limitent à une durée de trois à cinq ans.
Avis. Les avis sont requis dans la plupart des autres cas. Un avis peut généralement être déposé avant la clôture, ou dans les 30 jours suivant la clôture, et ne donne généralement pas lieu à un examen économique substantiel.
L’approche actuelle du gouvernement canadien est de plus en plus axée sur les résultats. Dans les cas d’opérations importantes, en particulier dans les secteurs stratégiques, le gouvernement cherche souvent des engagements concrets qui harmonisent l’investissement avec les priorités du pays en matière de politiques.
Des opérations récentes illustrent cette approche. Par exemple, dans le cadre du projet de fusion entre Anglo American et Teck Resources, le gouvernement a obtenu des engagements concernant :
De même, l’approbation de l’acquisition par Glencore de l’entreprise de charbon sidérurgique de Teck a été accompagnée d’un ensemble important d’engagements relatifs à l’emploi, aux opérations et aux investissements au Canada.
Ces opérations démontrent que l’objectif du gouvernement n’est souvent pas d’empêcher la propriété étrangère, mais plutôt de veiller à ce que les investissements importants génèrent des avantages à long terme pour le Canada et soutiennent des objectifs plus larges en matière de politiques économiques et industrielles.
Pour de nombreuses opérations à l’heure actuelle, la question la plus importante est celle de l’examen relatif à la sécurité nationale.
Quelle que soit la taille de la transaction, le gouvernement peut examiner pratiquement tout investissement étranger s’il estime que l’investissement pourrait être préjudiciable à la sécurité nationale du Canada. Cela comprend les transactions d’acquisition de contrôle et les investissements minoritaires.
À la réception d’un avis, le gouvernement dispose généralement d’un délai initial de 45 jours pour déterminer s’il souhaite entreprendre un examen plus approfondi relatif à la sécurité nationale. La probabilité d’un examen dépend fortement de l’identité de l’investisseur et de la nature des activités de l’entreprise. Les catégories à risque plus élevé comprennent généralement les suivantes :
Les considérations de sécurité économique sont également devenues de plus en plus importantes. Le gouvernement a démontré une volonté croissante d’évaluer si une opération pourrait affecter la capacité du Canada à préserver ses capacités stratégiques, sa capacité de transformation, son leadership technologique, sa propriété intellectuelle ou son accès aux ressources essentielles.
Un développement récent important a été l’adoption du projet de loi C-34 en 2024, qui représente la modernisation la plus importante de la LIC depuis plus d’une décennie. Cette loi permet notamment au gouvernement de répondre plus facilement aux préoccupations en matière de sécurité nationale au moyen de conditions et d’engagements négociés.
En conséquence, l’approche adoptée par le Canada est de plus en plus ciblée, plutôt que restrictive. Bien que le gouvernement demeure disposé à bloquer des opérations dans des circonstances exceptionnelles, il est de plus en plus enclin à approuver des investissements sous réserve de conditions qui répondent à des préoccupations précises. L’examen de l’acquisition de Fission Uranium par Paladin Energy illustre bien cette démarche. L’opération a fait l’objet d’un examen complet de sécurité nationale en raison de préoccupations liées au secteur de l’uranium au Canada et d’intérêts liés à l’État chinois associés à l’opération. Plutôt que d’interdire cette opération, le gouvernement l’a finalement autorisée sous réserve d’engagements et de mesures d’atténuation.
Voici quelques exemples de conditions liées à la sécurité nationale qui peuvent être exigées :
À l’heure actuelle, les examens complets de sécurité nationale prennent en moyenne environ 160 jours et devraient être pris en compte dans la planification des opérations lorsque des préoccupations potentielles existent.
Bien que la LIC ne réglemente pas précisément la participation des communautés autochtones, les considérations relatives aux Autochtones revêtent une importance croissante dans le cadre des investissements canadiens d’envergure, en particulier dans les secteurs des ressources naturelles, des infrastructures, de l’énergie et des minéraux critiques.
Les investisseurs devraient envisager d’intégrer des ententes de services et d’approvisionnement, ainsi que de soutenir la participation à long terme des communautés autochtones et le développement de projets avec celles-ci dans leurs engagements. Par ailleurs, les promoteurs offrent de plus en plus à ces communautés l’occasion de participer financièrement aux grands projets. Des partenariats solides avec les peuples autochtones peuvent améliorer considérablement l’exécution des projets et harmoniser les investissements avec les objectifs économiques et de politique publique plus larges du Canada.
Le Canada demeure l’une des destinations les plus ouvertes au monde pour les investissements étrangers. Or, les opérations concernant des actifs d’importance stratégique font désormais l’objet d’un examen nettement plus approfondi qu’auparavant.
Le gouvernement cherche de plus en plus à obtenir des engagements et des garanties qui favorisent les objectifs économiques et de sécurité nationale du Canada, plutôt que de se contenter de décider si une opération doit être conclue.
Si vous souhaitez discuter ces enjeux et ces questions, veuillez contacter les auteurs.
Cette publication se veut une discussion générale concernant certains développements juridiques ou de nature connexe et ne doit pas être interprétée comme étant un conseil juridique. Si vous avez besoin de conseils juridiques, c'est avec plaisir que nous discuterons les questions soulevées dans cette communication avec vous, dans le cadre de votre situation particulière.
Pour obtenir la permission de reproduire l’une de nos publications, veuillez communiquer avec Bryn Turnbull.
© Torys, 2026. Tous droits réservés.
Catégories
Environnement
Gouvernement et sociétés d’État
Solutions de capital hybrides
Droit Autochtone
Secteur industriel et manufacturier
Infrastructures
Crédit privé
Opérations de fonds privés
Capital-investissement et investisseurs chefs de file
Constitution de fonds et levées de capitaux
Projets
Construction
Approvisionnement
Développement de projet
Financement de projet
Partenariats public-privé
Durabilité
Concurrence et investissements étrangers