
This primer is part of a broader series providing investors with sector-by-sector insights into the opportunities and strategies shaping investment in Canada.
La compétition mondiale pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques a placé le Canada au cœur de l’attention internationale. Face à une demande croissante et à une offre mondiale ainsi que des capacités de traitement largement concentrées entre les mains de quelques pays dominants, les vastes ressources minérales du Canada sont devenues un atout stratégique majeur. Les gouvernements fédéral ainsi que provinciaux réagissent en mettant en place des réformes politiques ambitieuses et en investissant des milliards de dollars dans de nouveaux programmes d’investissement.
L’accélération de l’approbation des projets est un élément essentiel des efforts du Canada. Le mandat du Bureau des grands projets (BGP) est d’accélérer les projets d’intérêt national. Jusqu’à présent, le gouvernement fédéral a confié cinq projets de minéraux critiques au BGP, qui a également été chargé de concentrer son attention sur la Stratégie fédérale sur les minéraux critiques.
En mai 2026, le gouvernement fédéral a annoncé une série de réformes visant à accélérer son régime d’approbation des projets. À l’échelle provinciale, la Colombie-Britannique, l’Ontario et le Québec ont également adopté de nouvelles lois visant à simplifier le processus réglementaire et à raccourcir les délais d’examen. Corollairement, l’exploitation et l’approvisionnement liés aux minéraux critiques sont devenus des éléments clés des stratégies industrielles canadiennes de développement et de défense de l’Arctique.
Les capitaux privés sont indispensables à la progression du développement des minéraux critiques au Canada. En plus du recours aux capitaux privés, les gouvernements canadiens déploient des efforts sans précédent pour fournir un soutien financier autant direct qu’indirect aux projets d’exploitation des minéraux critiques. Outre ces solutions qui reposent sur le capital privé, les promoteurs de projets doivent donc évaluer comment ils peuvent accéder et participer à ce financement.
Coentreprises. De plus en plus, les sociétés minières trouvent des moyens créatifs de s’associer dans des structures de coentreprise et de partenariat pour développer des projets de minéraux critiques. Cette tendance s’explique par la demande croissante de minéraux critiques, qui coïncide avec la volonté des exploitants de réduire les risques liés au développement et à l’expansion de leurs projets, ainsi que par une reconnaissance des priorités concurrentes en matière de rentabilité des projets et de garantie d’approvisionnement au moyen d’accords d’achat.
Harmonisation avec la stratégie de défense du Canada. La nouvelle Stratégie industrielle de défense du Canada, annoncée en février 2026, engage le gouvernement fédéral à assurer un approvisionnement fiable en matières premières essentielles (notamment les minéraux critiques, l’acier et l’aluminium). Le Canada publiera également un plan visant à accroître la production, le traitement, le stockage et l’approvisionnement en minéraux critiques pour la défense. De la même manière en mai 2026, l’Ontario a publié un cadre pour sa stratégie industrielle en matière de défense qui vise à tirer parti des atouts de la province en matière de minéraux critiques.
Structuration des relations avec les parties prenantes. Alors que les investisseurs évaluent les opportunités émergentes dans le secteur des minéraux critiques du Canada, un aspect tout aussi important est la façon dont ils structurent leurs relations avec les gouvernements et les parties prenantes clés tout au long du développement du projet. Selon l’envergure ou le type du projet, cela peut inclure des partenariats avec des organismes gouvernementaux, le BGP ou des communautés autochtones. Cette considération est particulièrement importante dans le contexte de la gestion des délais accélérés d’approbation de projet.
Au Canada, tous les paliers gouvernementaux affichent un niveau d’engagement accru pour soutenir l’exploitation des minéraux critiques au moyen d’investissements stratégiques, tant par l’intermédiaire de méga fonds de développement national que par des fonds de dotation plus ciblés et spécifiques aux minéraux critiques.
En avril 2026, le Canada a annoncé la création de son premier fonds souverain national. Avec une contribution fédérale initiale de 25 milliards de dollars, le Fonds pour un Canada fort investira stratégiquement, aux côtés du secteur privé, dans des projets et des entreprises canadiennes qui stimulent la transformation économique du pays, y compris les minéraux critiques.
En mars 2026, le gouvernement fédéral a également annoncé un investissement de 35 milliards de dollars pour défendre, construire et moderniser l’Arctique, dont 10 milliards de dollars désignés pour des projets d’infrastructures majeurs à double usage. Cela comprend le soutien au développement des minéraux critiques. L’année 2026 a également vu le Fonds de croissance du Canada annoncer des investissements dans un complexe minier de nickel au Manitoba et dans la plus grande mine active de lithium au Canada.
Toutes ces initiatives s’inscrivent dans le cadre du Fonds pour l’infrastructure des minéraux critiques de 1,5 milliard de dollars (désormais connu sous le nom de Fonds du premier et du dernier kilomètre pour les minéraux critiques), annoncé dans le budget fédéral de 2025 et destiné à soutenir les projets stratégiques d’exploitation minière et d’infrastructure qui renforceront les chaînes de valeur canadiennes relatives aux minéraux critiques.
De plus, les institutions existantes ont été sollicitées pour proposer des solutions politiques et fournir un soutien financier. Exportation et développement Canada (EDC) a récemment renforcé son soutien au secteur des minéraux critiques en fournissant un financement direct ainsi qu’un soutien en matière de remise en état des sites et de garanties financières. La Banque de l’infrastructure du Canada (BIC) constitue un instrument de politique publique visant à attirer les capitaux privés. Les investissements de la BIC dans le secteur des minéraux critiques facilitent la construction d’infrastructures habilitantes et de soutien dans les régions éloignées du Canada.
En plus d’investir dans l’infrastructure, le renforcement des capacités et le soutien à la demande, le gouvernement fédéral a également commencé récemment à investir directement dans des mines et des projets de traitement des métaux. Ils ont notamment conclu un protocole d’accord avec Teck Resources, qui pourrait mener à un investissement de 400 millions de dollars sous forme d’actions dans le complexe de fusion et de raffinage de Teck situé à Trail, en Colombie-Britannique, afin de stimuler la production de germanium et d’antimoine et potentiellement d’étendre la production au gallium, tous des minéraux critiques essentiels ayant de nombreuses utilisations cruciales dans des secteurs comme ceux des technologies et de la défense. Il s’agit du premier accord proposé dans le cadre du nouvel Accélérateur canadien des minéraux critiques (anciennement le Fonds souverain pour les minéraux critiques).
Les récentes mesures politiques et les engagements d’investissement du Canada ont créé un élan important en faveur de l’exploitation des minéraux critiques. Le principal défi réside désormais dans leur mise en œuvre, soit :s’assurer que la planification des infrastructures, la prévisibilité réglementaire et les mécanismes de soutien au marché s’harmonisent pour faire progresser les projets du stade de la conception à celui du développement. Les investisseurs suivent ces progrès de près et devraient structurer leurs investissements de manière à tirer pleinement parti des protections disponibles advenant un changement d’orientation des politiques par de futurs gouvernements.
Les investissements étrangers complexifient les opérations. Lorsque le gouvernement estime que certaines opérations sont conformes à l’intérêt national (comme ce fut le cas pour l’opération Anglo-Teck), les délais d’examen pourraient être accélérés.
Une clarté stratégique dès le début d’une opération (c’est-à-dire une justification convaincante expliquant en quoi celle-ci sert l’intérêt public), couplée à une stratégie clairement développée pour identifier et prendre des engagements visant à renforcer la position du Canada en tant que puissance dans le domaine des minéraux critiques, peut aider les opérations étrangères à franchir la ligne d’arrivée.
Compte tenu des changements fondamentaux apportés aux processus d’approbation des projets au Canada et du rythme des réformes politiques, il est raisonnable d’anticiper que des contestations judiciaires puissent survenir. L’obligation constitutionnelle du Canada de consulter les communautés autochtones sur les projets susceptibles de les affecter présente un risque de contestations judiciaires.
L’établissement de partenariats significatifs avec les communautés autochtones est crucial pour le succès de la plupart des projets de minéraux critiques au Canada. Dans ses réformes politiques, le gouvernement fédéral a souligné l’importance de prendre en compte les droits des Autochtones, les obligations de consultation connexes et un engagement plus large en faveur des intérêts autochtones. Les investisseurs devraient porter une attention particulière à la manière dont les projets peuvent créer des occasions, générer des retombées économiques pour les communautés autochtones et établir des partenariats mutuellement avantageux à long terme.
Les investisseurs peuvent également profiter de la multiplication des occasions de collaboration avec les communautés autochtones, notamment grâce au Fonds pour l’infrastructure des minéraux critiques. Par exemple, sa contribution couvre habituellement jusqu’à 50 % du total des dépenses admissibles, mais peut atteindre 75 % pour les « projets dans l’Arctique, dans le Nord et dirigés par les Autochtones ».
Lors de la structuration de partenariats de participation avec les communautés autochtones, les promoteurs devraient examiner attentivement les protocoles autochtones et les moyens culturellement respectueux d’engager les communautés ; le financement et la gestion du financement en capital tout au long du projet; l’alignement entre le soutien au développement du projet et les mesures incitatives économiques; enfin, en matière de gouvernance, ils devraient veiller à trouver un équilibre entre le maintien du contrôle opérationnel d’un projet et la participation des groupes autochtones.
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