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The Court of King’s Bench of Alberta (the Court) recently resolved how a creditor’s claim for unjust enrichment against a debtor is to be evaluated in the context of a proceeding under the Companies’ Creditors Arrangement Act (the CCAA)1. In Long Run Exploration Ltd (Re), 2024 ABKB 710 (the Decision) the Court presented an analytical framework for evaluating such a claim, and identified the factors that the Court will consider when deciding whether a proprietary remedy in the form of a constructive trust imposed over the debtor’s assets is appropriate.
Long Run Exploration Ltd. (Long Run) is a private oil and gas company based in Calgary, Alberta. A court-appointed Monitor, acting on behalf of Long Run, sought an order from the Court approving a proposed subscription agreement and the granting of a reverse vesting order (RVO). The subscription agreement and RVO contemplated the cancellation of Long Run’s existing common shares and the issuance of new shares that would be free and clear of any existing liabilities not expressly retained. The assets and liabilities not retained by Long Run would be transferred to a creditor trust. The creditors whose claims were transferred would have recourse only against the creditor trust and not against Long Run. It was anticipated that those creditors would not receive any payment.
The Monitor’s application was opposed by Henenghaixin Corp. (H Corp) on the basis of alleged unfairness. H Corp has been engaged in litigation with Long Run since February 2020. As plaintiff, H Corp alleges that Long Run was unjustly enriched at H Corp’s expense. Specifically, it alleges that certain individuals, while acting as directors and officers of Long Run, improperly induced H Corp to transfer funds by fraud and misrepresentation, including the presentation of false financial statements, bank records, and a false shareholder declaration. As compensation, H Corp sought proprietary restitution through the imposition of a constructive trust on Long Run’s assets to the extent of the funds transferred to Long Run.
Under the subscription agreement and the RVO, H Corp’s claim would have been transferred to the creditor trust, effectively extinguishing any possibility of recovery. While H Corp did not oppose the subscription agreement and the RVO in principle, it argued that its claim must be preserved.
When should an as-yet unproven claim of unjust enrichment by means of a fraudulent misrepresentation be preserved for later adjudication outside the CCAA regime? The Decision provides an analytical framework for evaluating such claims.
The Court held that the threshold for establishing a constructive trust claim in the context of a CCAA proceeding is high. Specifically, a creditor alleging fraud and misrepresentation by the debtor and seeking a constructive trust over the debtor’s assets must prove, on a balance of probabilities, the following four elements:
If the creditor successfully proves these four elements on a balance of probabilities, the creditor is in a better position than other ordinary creditors insofar as such a claim, while not conferring secured creditor status, cannot be dealt with by a compromise or arrangement (i.e., by the subscription agreement and RVO) without the creditor’s consent.
The Court held that H Corp failed to meet such threshold on a balance of probabilities due to the following factors:
In Canada, constructive trusts are recognized both as a remedy for wrongful acts like fraud and breach of an equitable obligation, as well as to remedy an unjust enrichment and the corresponding deprivation. While cases often involve both a wrongful act and an unjust enrichment, constructive trusts may be imposed on either ground. H Corp based its constructive trust claim on both wrongful acts and unjust enrichment.
The Court found that the imposition of a constructive trust was inappropriate in this case for the following reasons:
The Court emphasized that equitable considerations play a pivotal role in determining whether a constructive trust is appropriate, even in cases where wrongful conduct may be proven. The Court analyzed the equities by addressing three overarching questions:
The Court concluded that the equities weighed against preserving H Corp’s constructive trust claim and amending the subscription agreement and RVO. Specific findings included:
The Decision outlines a framework for evaluating claims of unjust enrichment by means of fraudulent misrepresentation within CCAA proceedings. A creditor must prove the four elements of fraudulent misrepresentation on a balance of probabilities. Even if the creditor successfully establishes a case for wrongful conduct, the Court will only impose a constructive trust over the debtor’s assets in exceptional circumstances, where there is identifiable property and a recognized equitable obligation. The Court’s analysis emphasizes that equitable considerations, such as the impact on innocent parties and the integrity of the CCAA process, will play a significant role in determining whether such a remedy is appropriate.
Le mois dernier, le Canada a publié sa première Stratégie industrielle de défense (la Stratégie), qui souligne l’engagement du Canada à développer une base industrielle de défense solide et à stimuler la croissance économique. Ces efforts pourraient aussi comprendre le renforcement de l’état de préparation à la biodéfense et aux contre-mesures médicales, ce qui pourrait constituer des débouchés pour le secteur canadien des sciences de la vie en raison de l’importance accordée aux capacités nationales en ce sens et de la nécessité d’atténuer les risques d’urgences sanitaires.
Comme indiqué dans les bulletins précédents, le quatrième pilier de la Stratégie est axé sur la « sécurisation des chaînes d’approvisionnement pour les intrants et les biens clés » par le renforcement de la production nationale et le stockage de ressources. L’accent est mis tout particulièrement sur les contre-mesures médicales, en précisant que nos « alliés ont établi un lien explicite entre l’état de préparation à la biodéfense et aux contre-mesures médicales et leur sécurité économique et nationale, en élaborant de nouvelles stratégies et de nouveaux mécanismes pour faire progresser ces travaux ». Les contre-mesures médicales désignent divers produits réglementés pouvant être utilisés pour protéger la population lors d’une situation d’urgence de grande ampleur, comme l’éclosion d’une maladie ou une attaque impliquant des armes chimiques, biologiques ou nucléaires. Il peut s’agir de vaccins, de médicaments thérapeutiques et produits biologiques, de dispositifs de tests diagnostiques, des équipements de protection individuelle ou industrielle, et d’autres dispositifs médicaux. Les contre-mesures médicales sont essentielles à la réduction et à l’atténuation des dommages lors d’une urgence de santé publique.
Pendant et après la pandémie de COVID-19, le Canada a mis en place plusieurs nouvelles voies réglementaires comme mécanismes d’accélération des approbations de produits médicaux, ce qui pourrait offrir au gouvernement des options pour déployer des contre-mesures médicales afin de faire face aux risques pour la santé publique. Au début de la pandémie, Santé Canada a émis diverses ordonnances provisoires pour permettre l’importation et la vente de médicaments et de dispositifs médicaux qui n’avaient pas eu l’approbation des voies réglementaires traditionnelles. Or, Santé Canada a plutôt fait confiance aux voies d’approbation réglementaire et de l’exemption de certaines exigences en homologation de produits des pays impliqués dans la transaction. Beaucoup de ces règles provisoires ont depuis été officiellement intégrées à la réglementation en vertu de la Loi sur les aliments et drogues et ont été appliquées bien après la COVID-19. Conformément au Règlement sur les aliments et drogues, Santé Canada tient à jour la Liste des maladies qui menacent la santé publique et utilisera une procédure d’autorisation modifiée pour les médicaments d’urgence de santé publique pouvant traiter les affections figurant sur la liste. De même, le Règlement sur les instruments médicaux a établi une liste d’instruments médicaux répondant à un besoin urgent de santé publique, ce qui permet à Santé Canada d’autoriser la commercialisation de ces instruments de manière accélérée. Ces outils réglementaires sont utilisés automatiquement quand une situation médicale présente un grand risque pour la santé publique au Canada et nécessite une action immédiate pour contrer ce risque.
La stratégie prévoit que le Canada adoptera une approche proactive en matière de planification en amont des crises sanitaires. Le gouvernement entend s’assurer que les produits médicaux sont déjà disponibles au Canada afin qu’ils puissent être distribués rapidement en cas d’urgence. D’autres modifications récentes au Règlement sur les aliments et drogues permettent de prépositionner au Canada tous les médicaments d’urgence en santé publique, ce qui signifie qu’ils peuvent être importés dans des installations d’entreposage canadiennes avant que leur mise sur le marché n’ait été autorisée. La Stratégie s’appuie sur ces fondements, en faisant référence à l’organisme existant Préparation aux crises sanitaires Canada (PCSC), un organisme opérationnel spécial au sein d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE), et à un nouveau Fonds des sciences de la vie, lesquels « collaborent avec des partenaires internationaux et de soutenir l’élaboration et la production de contre-mesures médicales ». PCSC supervise la Stratégie en matière de biofabrication et de sciences de la vie du Canada, qui vise à développer un secteur national des sciences de la vie fort et compétitif doté de capacités de biofabrication de pointe, en mettant l’accent sur la capacité à se préparer et à faire face aux futures priorités et crises sanitaires. Dans cette optique, il y aura des occasions pour les fabricants de nouer des collaborations de recherche et des accords commerciaux ou d’approvisionnement liés aux contre-mesures médicales financées par des programmes fédéraux.
Étroitement lié aux capacités nationales, le pilier III de la stratégie implique « Investissement ciblé pour renforcer un secteur canadien de la défense novateur », avec la promesse que le gouvernement fédéral « soutiendr[a] la recherche et le développement, protéger[a] la propriété intellectuelle, soutiendr[a] les petites et moyennes entreprises, investir[a] dans les compétences et la formation, et encourager[a] les exportations afin de créer un secteur de la défense agile et concurrentiel à l’échelle mondiale ». La nécessité de favoriser le développement de la propriété intellectuelle (PI) et la conservation des droits du Canada est mentionnée à plusieurs reprises dans la Stratégie. Par exemple, la Stratégie prévoit l’établissement de partenariats officiels avec l’industrie canadienne qui « [assureront] la propriété et le contrôle nationaux de la propriété intellectuelle (PI) et des capacités essentielles. » La Stratégie reconnaît l’immense talent des établissements canadiens et la précieuse recherche qui y est menée actuellement et qui est déjà financée par des subventions de recherche d’organismes tels que le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie et les Instituts de recherche en santé du Canada, et fait aussi référence à l’engagement de 1,6 milliard de dollars pour de nouveaux fonds de recherche dans le budget de 2025. Cette prise de conscience de la nécessité de promouvoir et de soutenir l’innovation au Canada laisse présager des possibilités de financement, notamment dans les domaines où le Canada accuse un retard en matière de production nationale et où des engagements d’investissement et de fabrication au Canada peuvent être pris.
Dans les prochains mois, nous prévoyons que le gouvernement du Canada publiera d’autres directives et des mesures de suivi. L’équipe de défense des conservateurs poursuivra sa couverture de perspectives sur la défense au Canada en publiant une analyse supplémentaire pour donner des précisions sur l’incidence de la Stratégie sur de multiples secteurs.